Secession Orchestra

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Fondé en 2011-2012 par Clément Mao – Takacs qui en assure la direction musicale et artistique, Secession Orchestra est une nouvelle formation orchestrale d’élite. Ensemble stable de 20 musiciens, Secession Orchestra peut, en fonction des programmes, aller jusqu’à des nomenclatures plus importantes. Reprenant point par point les idéaux de la Sécession viennoise, cet orchestre a pour ligne directrice : exigence, rigueur, modernité et partage.

Considérant que la recherche d’un art total doit être au centre des préoccupations artistiques actuelles, Secession Orchestra construit son identité sur une volonté d’échanges et de collaborations avec des artistes de tous horizons pour proposer des programmes originaux dans leur conception et par les confrontations qui en résultent : ainsi, en novembre 2011, l’un des volets de The Mahler Experience a vu le jour, reliant les Kindertotenlieder de Mahler avec l’esthétique du Théâtre Nô ; d’autres projets sont à venir en 2012-2013 avec la compagnie de théâtre musical La Chambre aux échos, comme Le Vin Herbé de Frank Martin, les opéras de chambre de Darius Milhaud et Der Idiot de Hans Werner Henze.

Acteur de la vie musicale contemporaine, Secession Orchestra privilégie le répertoire des 20ème et 21ème siècles mais l’élargit volontiers si le projet présente un caractère original (la recréation française de l’unique opéra de Franz Liszt, Don Sanche aux Lisztomanias de Châteauroux en collaboration avec Nicolas Dufetel) ou le choix d’une perspective audacieuse, telle cette transcription pour 15 instruments à vents de la Sonate, de la Via Crucis et de la Troisième Année de Pèlerinage de Liszt dialoguant avec des textes de Jean-Yves Clément.

S’inscrivant dans une démarche de transmission, une part importante de l’activité de Secession Orchestra concerne le domaine pédagogique, avec de nombreuses interventions en milieu scolaire, des collaborations et des résidences de l’orchestre afin de sensibiliser et d’instruire le public de demain. Secession Orchestra a ainsi mis en place des résidences où une série de concerts se double de master classes assurées par les musiciens.

La saison musicale  2012 est centrée autour de la figure de Debussy (Prélude à l’Après-Midi d’un Faune, Recueil Vasnier, Suite Bergamasque), autour duquel entrent en résonance les œuvres de Massenet, Schönberg, Mahler (Symphonie 1) ; cet automne, ce sont Bartók, Kodály et Liszt qui forment un pendant hongrois au compositeur français, puis  Chabrier, Fauré, Holmès, Berlioz qui dessinent le paysage musical français. Enfin, l’année s’achèvera joyeusement avec une « Nuit viennoise » entre mélodies et valses de Richard Strauss, Franz Lehar et Johann Strauss…

INVENTER LE PRÉSENT » par Clément Mao - Takacs

« La tradition, c’est la négligence »
Gustav Mahler

« Il faut être absolument moderne »
Arthur Rimbaud

« Un art pour notre temps, une liberté pour l’art »
Devise gravée au fronton du Pavillon SECESSION à Vienne

« J’ai pris la décision en 2011 de fonder mon propre ensemble. Cela peut paraître fou dans un temps de crise comme celui que nous vivons. Mais, précisément, cela m’est apparu comme une nécessité, une réponse affirmative (au sens nietzschéen du terme !) face à l’atmosphère lourde et pesante qui menace peu à peu tous les domaines de notre existence, de l’alimentation à la culture, de l’éducation à l’écologie.

Faire preuve d’énergie, de volonté, de foi en l’Art, en la Jeunesse, en la Société m’a semblé la meilleure des parades à la morosité ambiante. Un orchestre, c’est un groupe humain qu’il faut fédérer, dont il faut exalter les qualités individuelles pour obtenir un résultat d’excellence collective ; c’est, jour après jour, réussir le difficile équilibre du respect des êtres, de leur bien-être, et le refus de toute mollesse, tiédeur, traditions sclérosées.

Être moderne aujourd’hui, qu’est-ce que cela signifie ? Ce n’est pas simplement être devant son écran et avoir accès à toutes les informations en temps réel ou suivre l’actualité, minute par minute ; c’est, à mon sens, aller au-devant des autres, croire à la rencontre humaine sous toutes ses formes, prendre en compte le contexte actuel en présentant des formes abordables qui correspondent à notre temps.

C’est en cela qu’un orchestre peut être aujourd’hui moderne : comme une entité allant vers le public, comme une proposition adaptée à notre vie dans la cité, jouant des codes urbains, mais déjouant aussi l’absurdité de nos rythmes habituels, en offrant des espaces de rêve, d’élévation, de découverte et de redécouverte.

A l’évidence nous ne pouvons nous contenter aujourd’hui de reproduire les formes qui firent la gloire et la fortune de nos aînés, mais nous devons inventer pour bousculer nos certitudes et chercher de nouvelles réponses. Un orchestre doit être une promesse, un engagement, un pari. Un concert de musique classique, et plus encore un concert d’orchestre peut être une expérience aussi intense que n’importe quel autre spectacle, et même aller jusqu’à porter une valeur exemplaire dans notre société en perte de repères : des gens s’assemblent, respectent une discipline commune, pour produire quelque chose qui n’est pas purement matériel et le rendre perceptible aux autres dans un espace-temps déterminé.

C’est à la fois pour répondre à des idéaux artistiques stricts et à des interrogations contemporaines sur la place de l’orchestre dans la société du 21ème siècle que j’ai créé Secession Orchestra ; pour bousculer nos certitudes, et rechercher de nouvelles réponses. Et c’est une aventure joyeuse qui commence à présent, car Secession Orchestra n’est pas un ensemble de plus dans le paysage musical : c’est un effort, une volonté, un dépassement de la satisfaction personnelle, une réinvention de l’individu au sein de la collectivité, afin d’incarner des valeurs universelles. »